Accord Canada-Taïwan : l'impasse qui inquiète les entreprises
L'accord-cadre de libre-échange entre le Canada et Taïwan, pourtant négocié depuis avril, n'est toujours pas signé, malgré la volonté affichée du premier ministre canadien Mark Carney de diversifier les échanges hors des États-Unis. L'opposition conservatrice, appuyée par les milieux d'affaires, s'interroge sur les raisons de ce retard, évoquant des pressions diplomatiques de Pékin, qui considère Taïwan comme une province chinoise. Cet accord, qui vise à réduire les tarifs douaniers sur les semi-conducteurs et les machines-outils, est crucial pour les entreprises canadiennes et taïwanaises : il représente un marché potentiel de 23 milliards de dollars canadiens d'échanges bilatéraux. Pour Ottawa, signer reviendrait à affronter Pékin, mais ne pas signer pénalise les exportateurs canadiens de canola, de bois d'œuvre et de technologies propres, qui perdent des parts de marché face à la concurrence australienne et européenne. Les milieux économiques asiatiques, eux, surveillent de près : un échec enverrait le signal que le Canada n'est pas fiable pour les accords non américains. Sans signature, ce sont aussi les investissements taïwanais dans les batteries et l'IA au Canada qui restent en suspens.