Asie et Golfe : les capitaux étrangers dopent l'IA américaine, mais la dette cachée inquiète
Lors de la conférence SuperReturn à Singapour, Charles Wu de JPMorgan Asset Management a révélé que des investisseurs étrangers – banques, pensions, fonds souverains et assurances d'Asie et du Golfe – financent massivement l'expansion des infrastructures d'intelligence artificielle en Amérique du Nord, où les dépenses d'investissement approchent 1 000 milliards de dollars. Les hyperscalers américains (Big Tech) lèvent environ 250 milliards via le marché obligataire et autant via des prêts bancaires, mais une partie croissante de ce financement est réalisée hors bilan, créant une dette cachée. Les panélistes ont fait part de leur prudence face à la concentration des risques sur seulement cinq grands acteurs technologiques, qui apparaissent comme garants, locataires, financeurs ou clients. Cette situation change la donne pour les investisseurs asiatiques et du Golfe : ils doivent désormais évaluer avec soin les risques de concentration et de liquidité, tandis que l'Asie émerge comme un marché clé pour l'inférence IA, ce qui stimulera la demande d'infrastructures locales. Pour les hyperscalers américains, ces capitaux étrangers permettent d'accélérer le déploiement de l'IA, mais exposent à des vulnérabilités en cas de retournement du marché.