Le patron d'Anthropic veut ralentir l'IA, la Chine refuse de suivre
Le 5 septembre, Dario Amodei, PDG d'Anthropic, a publié une tribune appelant à un ralentissement mondial du développement des modèles d'IA les plus puissants, avec des mesures ciblant la Chine pour « donner à l'industrie le temps de renforcer la sécurité ». Il propose notamment d'interdire la vente de puces et d’équipements de fabrication de semi-conducteurs à la Chine, de réprimer la contrebande de puces, et de limiter l’accès à distance aux centres de données hors du pays. OpenAI (Sam Altman) et xAI (Elon Musk) ont soutenu l’idée, tandis que Meta (Mark Zuckerberg) et le président Donald Trump l’ont rejetée. La réponse de Pékin a été immédiate et ferme : le Global Times a qualifié la proposition de « manuel de guerre froide », et le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a dénoncé le 11 septembre une « peur, confrontation et concurrence vicieuse ». Une rencontre entre Trump et Xi Jinping est prévue le 24 septembre à Washington, où l’IA figure à l’ordre du jour. Pour la Chine, cette demande américaine est perçue comme une tentative de maintenir la suprématie technologique des États-Unis, et elle a déjà émis sa propre version d’une gouvernance sécurisée de l’IA via un nouveau cadre national. Concrètement, ce rejet signifie que la course à l’IA s’accélère entre les deux blocs, sans aucun frein négocié : les entreprises chinoises comme Baidu, Alibaba ou SenseTime continueront à investir massivement, et les restrictions à l’exportation américaines actuelles risquent de s’intensifier, aggravant la fragmentation de l’écosystème mondial de l’IA.