Le boom du nickel indonésien bute sur une pénurie de calcaire
L'essor de la transformation du nickel en Indonésie, porté par les industriels chinois (Tsingshan, CNGR, GEM Co.), se heurte à une contrainte physique : la demande massive de calcaire pour les procédés RKEF et HPAL. Sur les 147 usines en activité ou en construction, environ 120 utilisent la méthode RKEF nécessitant de la chaux vive, et 27 le procédé HPAL qui en exige encore davantage pour neutraliser l'acide sulfurique. Cette pression entraîne l'ouverture de nouvelles carrières dans les zones de karst de Sulawesi et de Halmahera, menaçant les sources d'eau potable des communautés locales. Alors que les entreprises chinoises contrôlent plus des trois quarts de la capacité de raffinage du nickel indonésien, la voracité en calcaire pourrait ralentir l'expansion des parcs industriels et exacerber les tensions environnementales. En conséquence, la filière des batteries pour véhicules électriques et de l'acier inoxydable, dépendante de l'Indonésie, risque des perturbations d'approvisionnement si les ressources en calcaire viennent à manquer ou si une régulation plus stricte est imposée.