Pékin brandit la menace crypto contre l'espionnage étranger, Singapour domine l'Asie
Le ministère chinois de la Sécurité d'État a publié un article sur les réseaux sociaux dans lequel il qualifie les cryptomonnaies de « complices » de l'espionnage, ciblant explicitement les « forces hostiles antisinoises » étrangères. Les autorités chinoises affirment que la blockchain est surveillée en permanence et que les transactions ne sont pas vraiment anonymes, un avertissement codé visant à dissuader les recrues potentielles de services de renseignement étrangers. Cette posture s'inscrit dans un durcissement continu après l'interdiction générale des échanges en 2017 et l'interdiction du minage en 2021, qui a rendu toute activité crypto illégale en Chine. Parallèlement, l'écosystème crypto de Singapour a connu une croissance spectaculaire de 55,4 % sur un an, atteignant 284 milliards de dollars d'activité, tirée par les plateformes institutionnelles dont le volume a bondi de 94 % à 60 milliards de dollars. Cette expansion contraste avec le reste de l'Asie centrale, du Sud-Est et de l'Océanie, où l'économie crypto a globalement reculé de 6,8 % sur la même période. Pour les investisseurs et les entreprises du secteur, la divergence s'accentue : la Chine verrouille son marché en criminalisant toute aspiration à l'anonymat, tandis que Singapour consolide son rôle de hub institutionnel pour les acteurs high-volume, mais sans dynamique de nouveaux entrants, ce qui renforce la polarisation régionale entre répression étatique et concentration des flux.