Pékin peine à financer les ambitions tech de Xi Jinping
Selon une analyse de Livemint, la Chine risque de manquer de capitaux suffisants pour financer les objectifs technologiques fixés par Xi Jinping dans les domaines de l'IA, des robots humanoïdes, de la fusion nucléaire ou des implants cérébraux numériques. Le premier ministre Li Qiang a lui-même cité l'entreprise de robots Unitree, dont la valorisation est passée de 10 millions à 42 milliards de yuans (6 milliards de dollars) en dix ans, et qui a reçu le 2 juillet l'approbation pour son introduction en bourse. Le coût des seuls centres de données IA chinois est estimé à 2 000 milliards de yuans sur cinq ans, et celui de la robotique et de la fabrication avancée à un montant similaire sur dix ans. Pour y faire face, Pékin mise sur les bénéfices réinvestis des entreprises établies, le système bancaire étatique, et un afflux de capitaux privés via des fonds d'investissement et de capital-risque. Depuis, le régime a assoupli son précédent coup de frein sur le secteur tech et les investissements « désordonnés », ce qui a permis le lancement de plus de 9 500 nouveaux fonds actions sur les cinq premiers mois de 2026, soit 50 % de plus qu'à la même période en 2025. Les fonds d'État dirigés vers la tech ont levé 230 milliards de yuans fin 2025, contre 11 milliards un an plus tôt. Pourtant, l'écart avec les marchés américains, qui accueillent des méga-IPO et voient leurs obligations portées par la fièvre de l'IA, reste immense. Pour les startups chinoises et les investisseurs locaux, l'enjeu est clair : la capacité de la Chine à soutenir son écosystème technologique dépend désormais de la profondeur et de la liquidité de ses marchés financiers, encore trop étroits face aux besoins colossaux.