Ouzbékistan : 6 milliards de dollars pour bâtir l'infrastructure de l'IA
L'Ouzbékistan a sécurisé plus de 6 milliards de dollars d'engagements d'investissement privés pour développer des infrastructures d'intelligence artificielle d'ici 2030. Annoncés lors d'un événement tech à Tachkent, ces projets prévoient l'installation de 800 mégawatts de capacité de calcul, soit l'équivalent de huit à seize data centers hyperscale. Le pays est poussé par une urgence opérationnelle : ses centres de données actuels tournent à 90 % de leur capacité, ne laissant aucune marge pour les charges de travail IA. La première vague de nouvelles capacités doit être mise en service en novembre 2026. Parmi les projets phares figure TAS-1, un data center soutenu par le saoudien DataVolt, doté de 12 MW et de systèmes de refroidissement liquide, déjà financé à hauteur de 150 millions de dollars par un consortium incluant la BERD et le Fonds OPEP. En parallèle, l'État vise un marché intérieur de l'IA à 1,5 milliard de dollars d'ici 2030, dans le cadre de sa stratégie « Ouzbékistan numérique 2030 ». Uztelecom a déjà lancé des data centers équipés de GPU à Boukhara et Kokand, via la plateforme nationale UzCloud. Le nombre d'exportateurs d'IA opérant depuis l'IT Park est passé de 24 en 2024 à 160, touchant 80 pays. Cette offensive transforme l'Ouzbékistan en hub régional de calcul intensif, en concurrence directe avec les géants chinois et indiens, et ouvre des opportunités pour les entreprises technologiques et les investisseurs étrangers cherchant à contourner les goulets d'étranglement énergétiques et réglementaires d'autres marchés asiatiques.