Pékin traque les comptes retraite de Hong Kong comme des trusts offshore
L'administration fiscale chinoise intensifie sa traque des avoirs détenus hors du continent en requalifiant les comptes MPF (régime de retraite obligatoire de Hong Kong) comme des « trusts offshore ». Des résidents continentaux ayant travaillé à Hong Kong, comme Michelle Zhao à Shanghai, reçoivent des SMS du fisc local leur ordonnant de déclarer des plus-values issues de ces comptes, sous peine de redressement. Cette décision, qui s'appuie sur une interprétation extensive de la loi antérieure, vise à capter une base d'imposition jusqu'ici largement ignorée : les cotisations et rendements accumulés par des centaines de milliers de travailleurs chinois partis faire carrière dans l'ex-colonie britannique. Pour ces contribuables, jusqu'alors considérés comme de simples salariés, le MPF devient soudainement un actif offshore taxable, avec un risque de double imposition (Hong Kong prélève déjà une taxe à la sortie). Concrètement, Pékin pourrait réclamer des arriérés d'impôts sur les gains non déclarés des dix dernières années, avec des pénalités pouvant atteindre 5 fois le montant dû. Les concernés – principalement des cadres et professionnels qualifiés – doivent désormais fournir des justificatifs détaillés de leurs comptes, sous peine de sanctions pénales pour fraude fiscale.