Le rendement obligataire japonais à 3% rebat les cartes des flux mondiaux de dette
Le rendement des emprunts d'État japonais à 10 ans a franchi le seuil psychologique des 3% pour la première fois depuis 2008, lors d'une vente massive mondiale d'obligations mercredi. Ce niveau clé modifie les calculs des investisseurs institutionnels nippons, qui détiennent environ 2 400 milliards de dollars de titres étrangers (principalement des Treasuries américains, de la dette australienne et européenne). Selon les données de Reuters, les investisseurs japonais ont déjà vendu un montant net de 3 000 milliards de yens (18,7 milliards de dollars) de dette étrangère depuis janvier, soit le plus fort exode depuis 2022. La hausse des coûts de couverture de change et le rétrécissement des écarts de rendement rendent les obligations domestiques plus attractives. Une enquête de JP Morgan Asset Management auprès de 82 fonds de pension japonais montre que la proportion nette prévoyant d'augmenter leurs avoirs en obligations japonaises a atteint son plus haut niveau depuis 2008, tandis que l'exposition à la dette étrangère continue de baisser. Pour les marchés obligataires mondiaux, cette réorientation signifie le retrait d'un acheteur historique majeur : même une simple baisse des nouvelles acquisitions, sans liquidation massive, pourrait faire monter les rendements des dettes souveraines des États-Unis, de l'Australie et de l'Europe.