China+1 » : le pari de la diversification ne tient plus ses promesses
La visite de Xi Jinping aux États-Unis ne mettra pas fin à la rivalité stratégique sino-américaine, mais elle révèle une dynamique plus subtile qu'un simple découplage. Les droits de douane, les contrôles technologiques, les minéraux critiques, l'IA et la politique industrielle continueront de diviser Washington et Pékin. Pourtant, la compétition ne mènera pas à un désengagement économique généralisé, mais plutôt à une interdépendance compartimentée. Dans ce cadre, les secteurs sensibles (semi-conducteurs avancés, IA, minéraux critiques, télécoms, hautes technologies) resteront strictement régulés, tandis que le reste des échanges pourra continuer à prospérer. Pour l'Inde, qui a profité du déplacement des chaînes de production (ex. Apple y assemble désormais une part croissante d'iPhone), cela signifie que la diversification n'équivaut pas à un transfert massif d'écosystèmes industriels. Les chaînes d'approvisionnement restent profondément ancrées en Chine grâce à ses réseaux de fournisseurs denses et à sa logistique, bien plus difficiles à répliquer qu'une simple main-d'œuvre bon marché. En conséquence, les entreprises qui espéraient capter les dividendes du « China+1 » pourraient voir leurs gains plus limités que prévu, surtout si Pékin continue d'utiliser son marché intérieur et ses minéraux critiques comme levier de négociation. Concrètement, pour les décideurs indiens et les entreprises mondiales, l'enjeu n'est pas de remplacer la Chine, mais de naviguer dans une interdépendance segmentée où chaque décision d'investissement devra être évaluée au cas par cas.