L'aSEAN pourrait relancer le projet d'union douanière enterré depuis 40 ans
Alors que les droits de douane redeviennent un outil de négociation pour les grandes puissances, l'aSEAN réexamine la proposition d'un tarif extérieur commun (CET), rejetée en 1986. Quatre décennies plus tard, le constat est le même : avec seulement 20 % d'échanges intra-régionaux et une forte dépendance aux marchés extérieurs, l'harmonisation des tarifs extérieurs reste politiquement sensible. Singapour redoute des hausses de droits, l'Indonésie s'oppose toujours à un calendrier contraignant. Pourtant, sans CET, l'aSEAN reste une collection d'usines d'assemblage à faible valeur ajoutée, incapable de négocier en bloc avec des partenaires comme les États-Unis ou l'UE. Pour les entreprises étrangères, une union douanière simplifierait la logistique mais imposerait un tarif unique, possiblement plus élevé que certains régimes nationaux. Pour les États membres, l'enjeu est existentiel : soit l'aSEAN s'émancipe de son statut d'atelier de sous-traitance, soit elle accepte de rester spectatrice des guerres commerciales mondiales.