Face à Trump, le « père de l’IA » Bengio lance un appel urgent à la régulation mondiale
Yoshua Bengio, co-président du panel scientifique de l’ONU sur l’IA et lauréat du prix Turing, a répondu aux déclarations du président américain Donald Trump qui, lors d’un discours à l’Assemblée générale de l’ONU, a qualifié les préoccupations liées à l’intelligence artificielle de « canular » et rejeté une déclaration conjointe de 22 pays – dont l’Australie – appelant à maintenir un contrôle humain sur l’IA. Bengio estime que les grandes entreprises technologiques prennent des risques énormes et qu’un changement de cap urgent s’impose, car « il ne devrait pas revenir à quelques PDG ou gouvernements de décider ce qui est bon pour l’humanité ». Alors qu’il doit s’exprimer devant le Conseil de sécurité de l’ONU dans les prochaines heures, il insiste sur la nécessité d’un accord international pour que « les humains restent aux commandes » et que la dignité humaine demeure au centre des choix. Cette prise de position survient à la veille d’une rencontre entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping à New York, où l’IA devrait être un sujet majeur. Pour l’Asie et l’Océanie, l’enjeu est immédiat : les pays de la région – en particulier l’Australie, la Corée du Sud, le Japon et Singapour – doivent, selon Bengio, former des coalitions et peser pour éviter que la course à l’IA ne soit dictée par les seuls États-Unis ou la Chine. « Former des coalitions, mettre en commun nos ressources, nos esprits et notre énergie, c’est ce qui nous permet de rester dans le jeu et d’orienter le monde vers des valeurs démocratiques », a-t-il déclaré.