Le Japon étudie un plan de défense à 500 milliards de dollars
Tokyo examine une enveloppe de dépenses militaires de 500 milliards de dollars — près de 75 000 milliards de yens —, un montant sans équivalent dans l'histoire de l'après-guerre japonaise, selon des sources citées par la presse. Ni calendrier ni périmètre ne sont encore arbitrés : le chiffre circule dans les discussions budgétaires préparatoires à la prochaine révision du programme national de défense, et il devra passer le filtre du Parlement. Le contexte est double : Washington presse ses alliés asiatiques de porter leurs budgets à 3,5 % du PIB, et le gouvernement japonais a déjà avancé son objectif de 2 % à l'année fiscale en cours, deux ans avant l'échéance prévue. Concrètement, une telle somme ferait basculer le Japon du statut de client militaire à celui de puissance industrielle de défense : carnets de commandes massifs pour Mitsubishi Heavy Industries, Kawasaki Heavy Industries et IHI, mais aussi appels d'offres ouverts aux missiles, drones et systèmes anti-aériens étrangers. La facture, elle, retombe sur un pays endetté à hauteur d'environ 250 % du PIB, où chaque point de PIB supplémentaire se paie soit par une hausse d'impôts, soit par un arbitrage sur les dépenses sociales et le vieillissement. Pour les industriels européens — Naval Group, Thales, MBDA — comme pour la Corée du Sud et l'Australie, c'est l'ouverture potentielle du troisième marché mondial de l'armement, jusqu'ici largement verrouillé par les fournisseurs américains.