Malaisie : la voie médiane entre Pékin et Washington mise à l'épreuve
Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim répète depuis son arrivée au pouvoir que Kuala Lumpur ne se laissera pas dicter sa politique étrangère. Pourtant, les pressions conjuguées des États-Unis et de la Chine s’intensifient, notamment sur les dossiers commerciaux et de sécurité régionale. La Malaisie cherche à préserver ses relations économiques avec la Chine (premier partenaire commercial) tout en maintenant des liens militaires et diplomatiques avec Washington. Mais l’administration Biden exige des positions claires sur les chaînes d’approvisionnement en semi-conducteurs et la mer de Chine méridionale, tandis que Pékin multiplie les investissements d’infrastructure dans le cadre des Nouvelles routes de la soie. Pour Anwar, l’équilibre devient chaque jour plus instable : toute concession à un camp peut entraîner des représailles de l’autre. Cela affecte directement les entreprises malaisiennes exportatrices, les consortiums d’infrastructure et les partenaires régionaux de l’Asean qui observent ce précédent.