Industrie sud-coréenne : la Chine recule dans la stratégie des chaînes
Les géants sud-coréens Samsung, SK hynix et Hyundai réorientent leurs investissements vers les États-Unis, l'Inde, le Vietnam et le Japon, alors que la pression américaine s'intensifie dans le cadre de la rivalité sino-américaine. Après la fin de la dérogation VEU (validated end-user) pour les usines en Chine en 2025, Samsung et SK hynix ne peuvent plus y moderniser leurs équipements. Ils ont déjà promis 800 000 milliards de wons (environ 600 milliards de dollars) pour un cluster de puces à Jeonnam-Gwangju, et jusqu'à 1,6 million de milliards de wons pour celui de Yongin, tout en répondant aux demandes de Washington de construire des usines aux États-Unis sous peine de lourds tarifs. Cette double pression (sécurité nationale coréenne et exigences américaines) force les entreprises à arbitrer entre rentabilité économique et impératifs géopolitiques, alors que le boom de la mémoire pourrait ralentir. Pour Séoul, l'enjeu est de préserver les technologies critiques sur le sol national, tandis que pour les groupes, il s'agit de ne pas perdre l'accès au marché américain ni l'avance technologique. Cet abandon progressif du rôle de la Chine comme hub de production et marché clé redessine les chaînes d'approvisionnement mondiales des semi-conducteurs, avec des répercussions sur l'emploi et la compétitivité en Corée.