L'IA détourne 3 000 milliards de roupies des actions indiennes vers le Nord de l'Asie
En octobre 2026, les investisseurs étrangers ont retiré 44 166 crores de roupies (environ 5,3 milliards d'euros) des actions indiennes, portant les sorties cumulées depuis janvier à plus de 3 lakh crores (environ 360 milliards d'euros), soit près du double des 1,66 lakh crore retirés sur l'ensemble de 2025. Ce mouvement massif s'explique par une réorientation globale des capitaux vers les marchés d'Asie du Nord, où les géants des semi-conducteurs comme TSMC (qui représente 42 % de l'indice taïwanais et a bondi de 49 % en 2026) offrent une exposition directe à l'essor de l'IA. Alors que Taïwan et la Corée du Sud captent ces flux, l'indice indien Nifty affiche une performance négative de 13,87 % sur l'année. Cette hémorragie n'est pas un simple accident : l'Inde ne possède pas de grandes entreprises de semi-conducteurs, de mémoires ou de matériel d'IA capables d'attirer les fonds en quête de rendements liés à l'intelligence artificielle. En conséquence, les investisseurs internationaux privilégient désormais les écosystèmes technologiques intégrés de Taïwan et de la Corée, au détriment de l'Inde, dont la capitalisation boursière a d'ailleurs été dépassée par celle de Taïwan (4 950 milliards de dollars contre 4 700 milliards environ). Pour les investisseurs indiens, ce basculement signifie une pression baissière persistante sur les actions locales, tandis que les entreprises indiennes peinent à bénéficier de la dynamique mondiale de l'IA.